lundi 4 février 2008

Faraldo, un constestataire oublié

Claude Faraldo est passé derrière l'écran mardi dernier, en toute discrétion.





Un des films cultes de Groland 3, c’était THEMROC de Claude Faraldo, fiilm typiquement soixante-huitard avec Michel Piccoli, Romain Bouteille et ses potes du Café de la Gare. Une curiosité pour beaucoup de (jeunes) festivaliers.

Vendredi, on a appris que Claude Faraldo est passé derrière l’écran. Discrètement : pas une ligne ou quasiment dans la presse…

Mauvais présage au moment où le calife Iznogoud rêve de liquider « l’héritage » de 68, la loi de 1905 et les restes du programme du CNR de 1945.

On a envie de dire BOF dans tous les sens du terme mais surtout en pensant au film éponyme de Claude Faraldo.

Tiens! On devrait (et on va le faire !) le programmer lors du prochain Festival en septembre. Notre façon à nous de saluer l’artiste ! Le cinéma (la profession comme ils se disent) l’avait oublié. Pas nous!

RD


Claude Faraldo (23 mars 1936 – 29 janvier 2008) a réalisé :
Bof… (anatomie d'un livreur) 1971
Themroc 1973
Les fleurs du miel 1976
Deux lions au soleil 1980
Touareg de tchin tabaraden 1984
Flagrant désir 1985
Merci pour le geste 2000






Dans la presse écrite, seul L'Humanité est revenu sur le parcours de Claude Faraldo.

Article paru le 2 février 2008

Mort d’un cinéaste prolétaire

Disparition. Claude Faraldo, cinéaste contestataire, est mort à l’âge de soixante et onze ans.
Autodidacte et contestataire, utopiste et bon vivant, le réalisateur Claude Faraldo, auteur d’une douzaine de films joyeusement provocateurs, est mort mardi à l’âge de soixante et onze ans. Né à Paris le 23 mars 1936, Claude Faraldo avait exercé divers petits métiers avant de venir au cinéma dans les années 1960 et 1970, où s’était épanoui son esprit radicalement contestataire. Réalisateur engagé, il revendique son origine prolétarienne et considère que le cinéma doit contester le système et l’ordre existant. En 1970, il réalise sa première comédie, Bôf, anatomie d’un livreur, en s’appuyant sur son expérience personnelle (il a été livreur de vin chez Nicolas), truculente pochade avec Marie Dubois et Paul Crauchet, jugée très provocante à sa sortie en 1971 : l’histoire d’un ouvrier décidant, au nom du droit à la paresse, de changer de vie. Puis, en 1972, une farce sur la révolte d’un ouvrier qui décide de revenir à la vie primitive : Themroc (1972), joyeuse farce montrant la révolte radicale d’un peintre en bâtiment, vieux garçon incarné par Michel Piccoli. Après un reportage sur un groupe de musique québécois (Tabarnac, 1974), Faraldo s’interroge sur la place de chacun dans un monde qu’il voit cruel et absurde (Deux lions au soleil, 1980). En 1986, il accepte pour la première fois une commande, Flagrant désir, enquête policière dans les châteaux du Médoc. Se tournant alors vers le petit écran, il ne revient au cinéma qu’en 1999, avec un film sur le quotidien des personnes sans domicile fixe, Merci pour le geste, et une histoire d’amour, la Veuve de Saint-Pierre, avec Juliette Binoche.
Itinérances, le festival de cinéma d’Alès, qui lui avait rendu hommage en 2006, regrette la disparition d’un « cinéaste autodidacte, qui s’était emparé de cet art avec une énergie farouche, donnant à intervalles réguliers des nouvelles de la famille, du monde ouvrier, de la société française ». Claude Faraldo a été inhumé jeudi « dans le Midi, en toute intimité », a indiqué son agent, Pierrette Panou.

Edmond Gilles

2 commentaires:

Le coin du cinéphage a dit…

Il est évident que l'esprit de Claude Faraldo, perdure dans l'univers "groslandais", merci de lui rendre hommage, les médias sont assez silencieux à son égard.
A lire un petit hommage ici.http://coinducinephage.canalblog.com/archives/2008/02/01/7789790.html

Anonyme a dit…

+ interview sur http://cinememorial.com/Acteur_detail.php?id=681